PALESTINE, L’EPREUVE

L’affaire de la Palestine est une série d’épreuves douloureuses, un chemin de souffrances jonché de paysages de désolation : désastre en 1948, fléau en 1956, catastrophe en 1967, calamité en 1973 et bien d’autres revers de fortune tout au long du chemin.
Les défaites arabes devant le petit État d’Israël ont mis à nu la mortelle dislocation des sociétés arabes et l’ineptie de leurs gouvernements. Elles ont révélé de bien douloureuses vérités : si ce n’est la traîtrise sans nom des hommes au pouvoir qui, en 1948, ont armé leurs soldats avec des fusils qui ne tiraient pas et des munitions avariées, c’est l’absence des généraux égyptiens, trop occupés à leur débauche pour riposter, lors de l’attaque-éclair israélienne en 1967.
Cette riposte ignorée par un état-major dépravé était peut-être la dernière chance pour l’Egypte de combattre d’égal à égal l’État sioniste, car l’oncle Sam allait bientôt faire des siennes. Lorsque l’armée égyptienne, en 1973, repente avec ses chefs des mots d’ordre nationalistes, proclama son mot de ralliement “Allah Akbar” (Dieu est grand), l’Amérique, protectrice inconditionnelle de Sion, mit en branle un pont aérien à la mesure de sa puissance pour inonder le champ de bataille d’avions et de chars.
La protection de l’oncle Sam. était encore plus appuyée lorsqu’il opposait son veto au sein de l’Organisation des Nations-Unies aux décisions allant à l’encontre des désirs de l’État sioniste. Celui-ci, sûr de ses arrières, rejetait à la face du monde les lois votées comme vulgaires chiffons de papier.
Islamiser la modernité. Page 104
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