Fête du Voyage et de l’Ascension« al israe wa al mi’raj »

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  J’écris ces pages, la veille d’un vendredi coïncidant avec la fête du Voyage et de l’Ascension « al israe wa al mi’raj ». C’est donc une nuit doublement sainte, la veille lumineuse d’un jour sacré, mais aussi la commémoration d’un miracle durant lequel le Bien-aimé (le Prophète) a parlé à son Bien-aimé Seigneur Généreux, Sanctifié soit-Il, qui a exprimé Sa sollicitude envers Son Messager, miséricorde personnifiée, paix et salut lui soient accordés.

       Quelles leçons et quel modèle tirer de cette commémoration pour ceux qui servent la Voie agréée de Dieu, dans un monde de tous les périls, où des ennemis acharnés complotent contre les gens de foi ? Quid des nombreux vendredis qui défilent, nous trouvant encore et encore oublieux de Dieu ? Quid de ce que ces journées portent en elles de lumière espérée pour les cœurs qui s’exposent aux émanations divines ? Après s’en être revenu de Taëf où il subit réfutation et violence de la part des païens, alors qu’il n’avait nul ami et nul défenseur à part Dieu. Abou Talib et Khadija, Dieu la bénisse, étant morts, le Messager avait le plus besoin de la miséricorde de Dieu pour revivifier sa certitude, raffermir ses pas et persévérer dans l’Effort. Le miracle céleste et le voyage extraordinaire survinrent comme un baume de clémence et une source de certitude.

    Nous autres, les moustad’afounes de la terre, nous qui sommes aujourd’hui dominés par les puissances jahilyennes complices des pouvoirs de la fitna qui nous gouvernent, avons besoin plus que jamais de revivifier notre foi par les moyens de la filiation spirituelle (sohba), la souvenance de Dieu (dhikr), la sincérité et le dévouement (sidk) dans notre pratique de la Sunna du Prophète (paix et salut à lui). L’alignement sur l’exemple du Prophète et l’adoption de sa méthode constituent en fait le plus grand prodige que Dieu puisse offrir aux cœurs sincères. Là est la sagesse à rappeler et là est le modèle requis. C’est à cela que mènent les saintes et lumineuses nuits passées à s’exposer aux émanations divines ; ces moments mêmes où les oublieux de Dieu sombrent dans l’oubli et où les turpides se laissent aller à leurs désirs et savourent la bassesse.

   Le mouvement « Justice et Spiritualité » est-il un parti politique ou un lieu de passivité et une voie de derviche ? C’est une école qui a prôné le changement de société alors pourquoi se met-elle à l’ombre des grâces débordantes de Dieu et espère-t-elle Ses lumières. Est-ce par fuite de l’arène vers un lâche pacifisme ? Que non ! Mon but, en écrivant ce mémorandum est précisément de dissiper l’ambiguïté et de déciller certains regards défaillants.

            Abdessalam yassine , Rappel à l’essentiel p 24,25,26

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