Du Soufisme à la Voie Prophétique : Le renouveau spirituel islamique d’Abdessalam Yassine

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Votre père, que Dieu lui fasse miséricorde, laisse derrière lui un legs considérable pour qui veut cheminer vers Dieu. Quels étaient les conseils qu’il prodiguait aux personnes l’entourant afin que le cheminement vers Dieu exalté soit-Il prenne place dans leur quotidien ?

Mon père était non seulement un homme de Dieu, mais en plus, c’était un grand pédagogue. On imagine facilement, dans les schèmes de pensée, qu’un homme de Dieu passe son temps à faire des prêches, à fustiger les mécréants, à obliger ses enfants à suivre à la lettre les consignes. Il n’en était rien, car un homme de Dieu est celui qui lit dans le Coran : « Tu n’as pas à les contraindre ».

La conviction ne se construit pas dans la coercition, mais dans l’accompagnement et le respect des limites de l’autre. Il était à l’image du Prophète (paix et salut sur lui), tout en douceur. Il donnait le modèle et non pas l’ordre. Sa formation de pédagogue renforçait cette tendance, lui qui a proposé au ministère de l’Enseignement, alors qu’il était représentant culturel du Maroc, la méthode Montessori en 1963, à une époque où peu la connaissaient.

Il le fit avec la conviction que cette méthode ne contredisait en aucun cas l’esprit de l’islam, voire le soutenait. Il essuya un refus pour des raisons politiques qui ne sont pas notre sujet dans cette interview, mais qui sont faciles à comprendre pour les initiés du domaine.

Les liens d’amour qui unissent votre père non seulement à sa famille, mais aussi à ceux qui ont trouvé en lui une voie vers leur quête de Dieu sont forts et solides. Pouvez-vous nous parler de ces relations d’amour en Dieu qu’il nourrissait et chérissait ?

Il était, pour ainsi dire, dans une empathie tellement large qu’il est difficile d’en déterminer les limites ou de définir une catégorie spéciale qu’elle concernerait. La grandeur de cette empathie est immense, à la mesure de l’immensité de Dieu. Ses relations à l’autre ne se faisaient qu’à travers le prisme de sa relation à Dieu.

Il aimait à part égale tous ceux qui l’entouraient, mais il restait dans la retenue et le souci de l’équité, même dans ses sentiments. Encore une attitude copiée sur notre maître à tous, le Prophète (paix et salut sur lui), quand les Compagnons disaient de lui : « Chacun parmi nous pensait qu’il était celui qu’il appréciait le plus ».

A suivre…

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